La Galerie d'Art d'Anna Iourenkova
Art Gallery of
Anna Iourenkova,La Galerie d'Art d'Anna Iourenkova
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Anna Iourenkova, "Anna Iourenkova Des états d’âme qui vont droit au coeur< o:p> o:p>
Force et chaleur se dégagent de la peinture d’Anna Iourenkova dès le premier regard. Quand on sait qu’un tableau, plutôt que la représentation de ce qui est peint sur son support – abstraction ou figuration, peu importe – dévoile en priorité la personnalité de l’artiste, on comprend immédiatement qu’ici, on a affaire à un vrai tempérament.
Anna Iourenkova se révèle un peintre complet, tant par sa technique que par ses motifs d’inspiration : portraits, peintures de genre, paysages, animaux et tableaux symboliques.
De l’aquarelle qu’elle pratiquait à ses débuts, Anna Iourenkova a conservé la fraîcheur et la spontanéité, l’amplitude du geste, mais aussi un sens très personnel de la couleur, comme une signature. Avec l’acrylique, elle se lâche complètement. Elle travaille sa matière au couteau, la sculpte en aplats et fils qui donnent reliefs et vibrations au tableau, dévoilant sa nature généreuse et passionnée.
Les paysages de Anna Iourenkova relèvent du mythe par leur légèreté aérienne. Les hivers russes nous bercent dans des rêves de blancheur soutenue. « Paysage d’hiver » agit comme un clin d’œil à nos souvenirs cinématographiques d’Ivan le Terrible d’Eisenstein, quand Ivan, retiré sur ses terres, voit le peuple en délégation immense venir le rechercher. À la place de la figure du prince au premier plan, s’esquisse une église dans les lointains : autres temps, autres principes, même force des symboles qui s’épanchent au-delà du discours pictural usuel… De même, tandis qu’émane une joyeuse et chaleureuse atmosphère de « Paradis », « Altaï » attire le spectateur par son enfer glacé, tel un miroir dans lequel il fait bon s’abîmer.
Les portraits de Anna Iourenkova – essentiellement des portraits de femmes – ont tous comme « un air étonné d’être là ». Ils reflètent au moins autant la personnalité de celle qui les a peints que de ceux qui y sont dépeints. Il ne s’agit pas pour l’artiste de représenter l’enveloppe charnelle de ses modèles dans sa platitude imagée, mais de mettre en lumière l’émotion profonde et l’aura des sujets.
Les femmes sont également omniprésentes dans ses « Personnages ». D’un tableau à l’autre, on passe du déchaînement (Danseuse de flamenco) à la sérénité (Au jardin japonais, Au Louvre…), en transitant par l’apaisement (Princesse) mais sans occulter la fureur du désir (Désir) et la violence des passions (Libération). Ces deux derniers tableaux sont de ceux qui imprègnent à jamais la mémoire visuelle. Leur force provient autant des sujets évoqués que de leur traitement pictural. Avec ces tableaux, Anna Iourenkova peint des états d’âme qui vont droit au cœur du spectateur parce que les émotions y sont clairement extériorisées.
L’une des clefs de la création de Anna Iourenkova se trouve dissimulée dans ses tableaux symboliques, quand dire s’impose au-delà du discours. Nous accédons à d’autres latitudes où l’artiste, tout en donnant à réfléchir par ses métaphores, se fait d’abord plaisir. Pour échapper au quotidien, elle nous offre de partager ses rêves et ses mythes personnels, de « L’oiseau de feu » à « Per aspera ad astra ». Ce dernier tableau est un message d’encouragement, d’espoir et de volonté. Il est le reflet de la vie déjà plurielle d’Anna Iourenkova. Malgré un chemin difficile, elle a toujours su tourner son regard vers les étoiles pour tenter de vivre. Aujourd’hui avec sa peinture, silencieuse bavarde, elle nous invite à franchir le seuil vers elle, à avancer vers le bonheur conquis, tellement plus satisfaisant que le bonheur acquis."
< o:p> o:p>Alain Coudert
